C'est parti pour un billet de mauvaise humeur. J'ai beaucoup écouté et lu les média aujourd'hui, ou plutôt hier (lundi 18 mai), jour de l'ouverture de l'Assemblée générale de l'OMS. Moralité, les média semblent infectés par le H1N1; où comment parler pour ne rien dire et taire les éléments de réflexions :
Toute la journée on nous a ressassé dans suspense pathétique une unique question à sensation : "l'OMS va-t-elle passer au niveau 6 ?". Et pendant ce temps, on passe à côté du sujet du moment :
Je rappelle l'ordre du jour numéro 1 de cette rencontre au somment en citant l'OMS : "préparation en cas de grippe pandémique, échange de virus grippaux et accès aux vaccins et autres avantages". Aussi, le moins que l'on puisse dire, c'est que malgré la platitude des infos, l'actu à l'OMS a dû être chaude, très chaude :
Alors que le virus se propage, certains pays auraient demandé à Genève qu'une partie (on évoque 10%) des vaccins anti-H1N1 soient produits dans des pays en développement (et que certains d'entre eux bénéficient d'aides financières), ce à quoi s'opposent les représentants des pays développés, animés par les intérêts socio-économiques des big pharma (Sanofi Pasteur ou autres GSK) sur leurs territoires.
On remarque le même dialogue de sourds au sujet des droits de propriété du vaccin grippal, où le scenario de 2007 se reproduit sans que les pays ne s'entendent sur un accord. On y trouve les partisans du transfert des droits à l'OMS (à des fins de redistribution des bénéfices aux fournisseurs de souches virales) et leurs opposants (les laboratoires leader du vaccin qui n'ont pas transmis ces souches, mais qui tiennent à défendre leurs gains au titre de la protection de leur patrimoine informationel).
Voilà qui devrait nourrir les négociations de cette Assemblé générale et influencer l'actualité sanitaire des jours à venir. Mais naturellement, ça, c'est "un peu trop peu" trivial et tout le monde s'en fout.