
Les enjeux d’un tel médicament sont impressionnants. Rien qu’en France, en 2006, l’obésité touchait 12,4% de la population française, soit 5,9 millions de personnes. L'OMS estime que d'ici 2015, environ 2,3 milliards d'adultes seront en surpoids et plus de 700 millions seront obèses. Ces chiffres donnent une idée de l’étendue potentielle du marché d’un traitement contre l’obésité et explique l’obstination des labos pharma à commercialiser un tel produit. Lire la suite
Jusqu’à présent deux produits ont été développés : l'Orlistat (Xenical de Eli Lilly et Alli de GSK) et le Rimonabant (Acomplia de Sanofi).
Sanofi-Aventis avait été ainsi le premier à bénéficier avec l’Acomplia d’une autorisation de mise sur le marché en juin 2006 mais les études de l’Afssaps prouvant les risques de troubles dépressifs suite à la prise du médicament avaient entraîné le retrait de la pilule en octobre 2008. En novembre, Solvay annonçait également l’abandon des recherches sur le composé anti-obésité, se justifiant par un contexte réglementaire jugé trop stricte.
Pour Derek Lowe, chercheur en pharmacie, interrogé par l’AFP, ce marché ne pouvait pas pour autant s’arrêter là. Si le chercheur n’a « pas beaucoup d’espoir qu’on trouve une molécule sûre et efficace », il pense que « les bénéfices potentiels sont trop importants pour que ce domaine de recherches disparaisse.»
Ainsi, GlaxoSmithKline (GSK) vient d’obtenir l’autorisation de commercialisation en France d’Alli, une pilule contre l’obésité vendue sans prescription. Cette pilule n’est pas un médicament nouveau mais est en fait une version dosée à moitié du Xenical (Orlistat), vendu quant à lui sur ordonnance. Aux Etats-Unis, le Xenical est ainsi devenu le troisième médicament le plus vendu sans ordonnance.
Pourtant, les performances d’Alli et son service médical ont été jugés insuffisants par les autorités sanitaires françaises qui ont donc décidé de ne pas la rembourser. Le rapport prix/efficacité est donc plutôt décevant pour le médicament. La perte de poids est en moyenne 50% plus importante avec la pilule d'orlistat qu'avec un placebo (autrement dit un régime et un faux médicament). Autres limites de ce médicament, ses effets secondaires assez désagréables décris dans un post précédent.
Enfin, le problème qui se pose est celui des éventuels excès dont pourrait faire l’objet un tel traitement. Il pourrait attirer un public bien plus large que les seuls patients souffrant de réel surpoids et surtout des risques de surdosage existent bien. Du côté de GSK, on fait confiance aux pharmaciens pour exercer un contrôle sur la délivrance de la pilule.
Le sondage réalisé sur le blog a montré que la majorité des votants a estimé qu’une pilule contre l’obésité n’était pas une solution viable pour la société. Ca n’est donc pas l’efficacité du traitement qui est remise en cause mais pour la plupart d’entre vous il vaudrait mieux soigner les causes de l'obésité, l'alimentation et la sédentarité, plutôt que de chercher à traiter les conséquences. Traiter l’obésité avec des pilules reviendrait à créer une situation de « rente » pour l’industrie pharma qui disposerait ainsi d’une population de patients sans fin puisque l’on ne chercherait plus à lutter contres les causes de l’obésité.
Sources :
NouvelObs.com, « Polémique: une pilule anti-obésité sans ordonnance bientôt en France », 3 février 2009.
LePoint.fr, « Lutte contre l'obésité : la pilule Alli fait polémique », 26 janvier 2009.
Libération, « Les labos pharmaceutiques ravalent leurs pilules anti obésité »
Elle, « La pilule anti-obésité est-elle dangereuse ? », février 2009
Organisation mondiale de la santé, « Obésité et surpoids », 2006
Sanofi-Aventis avait été ainsi le premier à bénéficier avec l’Acomplia d’une autorisation de mise sur le marché en juin 2006 mais les études de l’Afssaps prouvant les risques de troubles dépressifs suite à la prise du médicament avaient entraîné le retrait de la pilule en octobre 2008. En novembre, Solvay annonçait également l’abandon des recherches sur le composé anti-obésité, se justifiant par un contexte réglementaire jugé trop stricte.
Pour Derek Lowe, chercheur en pharmacie, interrogé par l’AFP, ce marché ne pouvait pas pour autant s’arrêter là. Si le chercheur n’a « pas beaucoup d’espoir qu’on trouve une molécule sûre et efficace », il pense que « les bénéfices potentiels sont trop importants pour que ce domaine de recherches disparaisse.»
Ainsi, GlaxoSmithKline (GSK) vient d’obtenir l’autorisation de commercialisation en France d’Alli, une pilule contre l’obésité vendue sans prescription. Cette pilule n’est pas un médicament nouveau mais est en fait une version dosée à moitié du Xenical (Orlistat), vendu quant à lui sur ordonnance. Aux Etats-Unis, le Xenical est ainsi devenu le troisième médicament le plus vendu sans ordonnance.
Pourtant, les performances d’Alli et son service médical ont été jugés insuffisants par les autorités sanitaires françaises qui ont donc décidé de ne pas la rembourser. Le rapport prix/efficacité est donc plutôt décevant pour le médicament. La perte de poids est en moyenne 50% plus importante avec la pilule d'orlistat qu'avec un placebo (autrement dit un régime et un faux médicament). Autres limites de ce médicament, ses effets secondaires assez désagréables décris dans un post précédent.
Enfin, le problème qui se pose est celui des éventuels excès dont pourrait faire l’objet un tel traitement. Il pourrait attirer un public bien plus large que les seuls patients souffrant de réel surpoids et surtout des risques de surdosage existent bien. Du côté de GSK, on fait confiance aux pharmaciens pour exercer un contrôle sur la délivrance de la pilule.
Le sondage réalisé sur le blog a montré que la majorité des votants a estimé qu’une pilule contre l’obésité n’était pas une solution viable pour la société. Ca n’est donc pas l’efficacité du traitement qui est remise en cause mais pour la plupart d’entre vous il vaudrait mieux soigner les causes de l'obésité, l'alimentation et la sédentarité, plutôt que de chercher à traiter les conséquences. Traiter l’obésité avec des pilules reviendrait à créer une situation de « rente » pour l’industrie pharma qui disposerait ainsi d’une population de patients sans fin puisque l’on ne chercherait plus à lutter contres les causes de l’obésité.
Sources :
NouvelObs.com, « Polémique: une pilule anti-obésité sans ordonnance bientôt en France », 3 février 2009.
LePoint.fr, « Lutte contre l'obésité : la pilule Alli fait polémique », 26 janvier 2009.
Libération, « Les labos pharmaceutiques ravalent leurs pilules anti obésité »
Elle, « La pilule anti-obésité est-elle dangereuse ? », février 2009
Organisation mondiale de la santé, « Obésité et surpoids », 2006
Réduire l'article













